Zeitschriften » Internationale Situationniste » Numéro 7
Situationistische Internationale

Renseignements situationnistes

Le conseil central de l’I.S. s’est réuni à Paris, le 10 et le 11 février. Avec les six délégués du C.C. (Ansgar-Elde étant absent excusé), huit autres situationnistes présents à Paris participaient à la discussion. Considérant l’aggravation de l’opposition à l’I.S. de certains éléments de la section allemande, depuis la Conférence de Göteborg, et particulièrement le contenu du n° 7 de la revue Spur, la méfiance ou l’hostilité de ce groupe envers des camarades appliquant les directives de l’I.S. en Allemagne et hors d’Allemagne, ainsi que sa collusion maintenant incontestable avec quelques milieux dirigeants de la culture européenne — une motion présentée par Debord, Kotányi, Lausen et Vaneigem demandait l’ex clusion de Kunzelmann, un des deux délégués allemands du C.C., ainsi que celle de Prem, Sturm et Zimmer. Nash, blâmant les agissements des responsables de Spur, était partisan de publier un désaveu, mais sans aller jusqu’à l’exclusion. Cependant, après le débat sur ce sujet, Nash s’est rallié à la décision d’exclusion qui a été ainsi acquise par 5 voix contre 1. Kunzelmann lui-même approuvait toutes les critiques du C.C., et affirmait qu’il n’était personnellement responsable d’aucun des faits incriminés. Mais, laissé libre alors de se désolidariser effectivement des autres, il ne put s’y résoudre et fut donc laissé parmi les exclus. Cette exclusion a été aussitôt rendue publique par le tract Nicht hinauslehnen ! La seule des personnes présentes, et non mises en cause, qui ait exprimé alors qu’elle partageait la position des exclus est Lothar Fisher, qu’il faut ainsi compter avec eux.

Cette affaire réglée, le C.C. a discuté d’une définition plus précise de la culture et de la vie quotidienne ; de la dialectique du spectacle et des forces d’intervention que nous pouvons grouper ici. Une discussion théorique a été ouverte, qui doit aboutir dans l’année à un exposé co hérent sous forme d’un dictionnaire de poche des concepts situationnistes. Une résolution a été prise pour le détournement créatif d’une « université populaire » du Danemark (cf. l’étude de Mme E. Simon : Réveil national et culture populaire en Scandinavie, distribution P.U.F.). Le C.C. a confié à Uwe Lausen la direction de la nouvelle revue de l’I.S. en Allemagne Der deutsche Gedanke.

À propos des exclusions, le C.C. a convenu qu’il serait bon d’en limiter le nombre en exerçant un contrôle plus strict sur l’accès trop facile dans l’I.S., afin de choisir les éléments à toute épreuve. Divers sympathisants semblent croire qu’ils gagneront quelque chose à feindre d’être convaincus (par exemple, il est notoire que l’on entrait dans la section scandinave de l’I.S. aussi aisément que dans l’école du « nouveau roman »). Si cela est appliqué, l’I.S. pourra espérer accomplir sa tâche avec seulement quelques dizaines d’exclusions encore, c’est-à-dire aux moindres frais.

Le n° 2 d’Internationale Situationniste est en cours de réimpression. Il sera envoyé à ceux qui le demanderont pour compléter des collections.

Il faut signaler un nombre élevé d’errata dans une partie du tirage de notre dernier numéro, laquelle est passée largement dans le service de presse. Pour ne rien dire des vétilles, notons qu’il faut lire — page 11, première colonne, ligne 13 : « délibérément par des policiers » — page 13, deuxième colonne, ligne 42 : « dernier point de fuite existant dans le territoire aménagé » — page 14, à la fin de la première colonne : « la société de la consommation et du temps libre est vécue comme société du temps vide, comme consommation du vide » — page 15, première colonne, ligne 15 : « qui indignait tant les braves gens » — page 16, ligne 3 : « un besoin faussé » — page 26, au début de la deuxième colonne : « possibilités d’aliénation toujours renaissantes dans la lutte même menée contre l’aliénation, mais soulignons alors que tout ceci doit s’ap pliquer au niveau le plus haut de la recherche » — page 30, deuxième colonne, ligne 10 : « pas une religion. C’est ce conflit » — page 40, ligne 19 : « pour les possesseurs des ressources culturelles ».

Enfin, dans le plus grand nombre des exemplaires d’Internationale Situationniste 6, toutes ces fautes ont été corrigées, ce qui a donné l’occasion d’en créer deux nouvelles : page 10, la légende du cliché devrait se terminer ainsi : « rompant le lien naturel que ces objets peuvent entretenir avec d’autres, pour leur faire constituer avant tout un milieu matériel d’un haut standing » — page 16, dans le deuxième point du programme d’urbanisme unitaire, il faut entendre : « cette utilité est mise au service de la réification » (au lieu de réédification). Mais dans ce cas, les lecteurs de Kotányi et Vaneigem auront certainement réifié d’eux-mêmes.

André Frankin, que de graves divergences sur l’action politique à me ner après la grande grève belge avait séparé de nos camarades de l’I.S. en Belgique — et donc des autres situationnistes — en mars 1961, par une lettre du 13 septembre de la même année nous a fait savoir qu’il jugeait toutes les idées de l’I.S. balivernes maniées par des pêcheurs en eau trouble, à l’exception toutefois de quelques-unes simplement plagiées dans ses propres textes (publiés dans cette revue, nos 3, 4 et 5). Le moins que l’on puisse donc constater est que, de même qu’il ne répond plus de nous, nous ne répondons plus de lui.

Dans une circulaire du 27 octobre 1961, Maurice Lemaître et deux autres débris de la belle époque de l’avant-garde lettriste, convenaient enfin qu’il n’y a plus de groupe lettriste mais proposaient qu’« à l’heure actuelle où le lettrisme commence à prendre sa juste place » dans la petite histoire et les grandes expositions, se constituât une sorte de coopérative de secours mutuel dont les membres « pourront faire suivre leur paraphe de la formule : du mouvement lettriste ». Assurés déjà de l’adhésion de trois autres mammouths bien conservés, les signataires s’adressaient ainsi à quatre personnes qui avaient pris part, de différents côtés, aux conflits de cette avant-garde vers l’époque de son éclatement. Debord se trouvant parmi les personnes sollicitées, ne ré pondit évidemment pas. Mais par une lettre du 4 novembre, les mêmes revinrent à la charge, concluant que ce silence prolongé les autoriserait à faire état d’une acceptation, dans la publication imminente de leurs pauvretés. Debord leur télégraphia alors : « Il vous est interdit, ordures, d’utiliser ma signature à quelque fin que ce soit. Prenez-y garde. » Ils eurent l’esprit d’en rester là. Mais leur geste est déjà étrange, étant donné que l’on n’avait jamais laissé à aucun de ces gens la moindre chance d’approcher un situationniste.

Ces académiciens d’un genre spécial savent pourtant que les positions de l’I.S. leur sont totalement ennemies et le savent d’autant mieux qu’ils ont consacré une interminable revue (Poésie Nouvelle, n° 13, en octo bre 1960) à s’y opposer jusqu’au délire ; et que nous-mêmes avons dit (dans les nos 4 et 5 d’Internationale Situationniste) que nous tenons leur théorie en piètre estime, pour ne rien ajouter sur la vie de plusieurs d’entre eux. Cet incident donne donc la mesure de leur mépris de toute pensée, y compris la leur. Mais encore faut-il avoir les moyens de son opportunisme. Et leur finesse pour le racolage suffit à témoigner de leur vocation d’engagement et de rengagement dans la malheureuse légion des arrivistes qui n’arrivent même pas. Tiens, voilà du boudin.

Nous avons cité, dans notre précédent numéro, les menaces de saisie qui avaient retardé, à Munich, en juin 1961, la sortie du n° 5 de Spur publiant un recueil de textes sur l’urbanisme unitaire. Le 9 novembre, après la parution du n° 6, une série de descentes de police aboutissait à la saisie de tous les exemplaires découverts de l’ensemble des numé ros de la revue des situationnistes allemands ; tous les situationnistes étaient longuement interrogés, et quatre poursuivis en justice. Dans un premier tract diffusé le lendemain avec les signatures de trente et une personnes — presque toutes de l’I.S. — solidaires des inculpés, la sec tion allemande soulignait que « pour la première fois depuis 1945, on a fait des perquisitions chez des artistes ». Le tract montrant la grossière manœuvre d’intimidation que constituaient les menaces d’interdiction de publier, de procès et même d’emprisonnement (la subversion dé montrée semble avoir été principalement l’anti-religion), et en appelant à la solidarité des intellectuels et des artistes, a d’abord entraîné de nouvelles inculpations pour outrage à la justice. Mais finalement, cette solidarité s’exprimant effectivement très vite, en Allemagne et à l’étranger, a mené les autorités à reculer jusqu’à ordonner la restitution des revues saisies. Et le reste du procès est au point mort.

La revue allemande Vernissage, dans son numéro de février 1962, ayant essayé d’insinuer que l’exclusion, survenue trois mois plus tard, de plusieurs situationnistes allemands, pourrait bien être liée à leurs démêlés avec la police des mœurs, ou à leur ivrognerie, une lettre de l’actuelle section allemande, approuvée par le reste de l’I.S., à ce Confidential de l’art moderne assurait, le 15 mars, que tous les situationnistes sont et resteront entièrement solidaires des responsables dans cette affaire, et précisait : « Le motif de leur exclusion est justement leur refus de suivre l’I.S. dans toutes ses conclusions extrêmes. Donc, en aucun cas, nous ne pouvons avoir reproché à ces camarades l’anti-conformisme de leur comportement ou de leur art. Nous tenons même à déclarer que, du point de vue de la rédaction de Vernissage — c’est-à-dire de votre point de vue de boutiquiers pauvres, de domestiques et de putains —, nous sommes pires ... »

Une des formes de la solidarité permanente de l’I.S. a été, du reste, de coucher sur ses listes noires les deux artistes allemands qui en cette oc casion, avaient protesté qu’ils ne voulaient pas être comptés parmi les gens solidaires de la revue Spur, marquant ainsi qu’ils se sentent plus à leur affaire du côté de la police.

Lors du guet-apens contre les aviateurs italiens servant dans les forces d’occupation de l’O.N.U. au Congo, à Kindu en novembre 1961, comme au moment de l’exécution de dix-neuf prêtres à Kongolo, en janvier dernier, on retrouve la trace du colonel Pakassa et de ses soldats, issus de l’armée de la Province-Orientale. Malheureusement, le colonel Pakassa a été arrêté peu après, dans le même temps que le gouvernement de Léopoldville emprisonnait le modéré Gizenga — comme début du même processus de liquidation appliqué à Lumumba — et alors que la mutinerie lumumbiste des troupes de Stanleyville était matée par le général Lundula, plusieurs unités étant dissoutes et de nombreux soldats fusillés.

Les journalistes qui ont applaudi au livre de Jean-Louis Bédouin Vingt ans de surréalisme, ou bien ne l’ont pas lu, ou bien ignoraient que le surréalisme avait effectivement continué d’exister dans les vingt ans qui ont suivi l’ouvrage de Maurice Nadeau. On comprendrait mal autre ment cette surprise heureuse pour un livre décrivant si platement une période si creuse. L’histoire de ces vingt ans de surréalisme néglige vingt ans d’art moderne. Et même dans l’étroit secteur où Bédouin se cantonne, son information ne va pas loin. Pourquoi parler, par exemple (p. 105) de ce qu’Asger Jorn doit à la technique du collage de Max Ernst, alors que Jorn n’a jamais fait mystère d’avoir été extrêmement influencé par la totalité de l’œuvre de Max Ernst ? Pourquoi considérer ouvertement les groupes surréalistes ayant existé sur trois continents comme de simples succursales d’une lointaine banlieue de Paris, où justement il ne se passait plus rien ? Pourquoi citer (p. 278) le tract de 1954 sur le centenaire de Rimbaud Ça commence bien « contre-signé par les lettristes », puisque c’est pour cacher la polémique survenue aussitôt entre les signataires ? On ne peut nier qu’elle soit intéressante comme cas-limite des ravages causés par le stalinisme jusque chez ses ennemis. Pour avoir parlé de lutte de classes, cette fraction des lettristes, dont une partie a contribué ultérieurement à la formation de l’I.S., a été traitée de sbires du N.K.V.D. Un tract surréaliste intitulé Familiers du Grand Truc, leur annonçait une carrière de faux-témoins à gages aux futurs procès de Moscou. Il est dommage que les surréalistes ne se soient pas limités à l’exercice de l’écriture automatique qui leur permet, comme on sait, d’annoncer à l’avance que tel grand magasin flambera ou que l’année 1939 leur réserve quelque chose, parce qu’il est démontré qu’en usant du discours rationnel ils ont prévu que certains iraient au N.K.V.D., qui n’y sont pas encore, mais ils n’ont pas vu l’avenir, et même pas le présent, de leurs beaux amis de cette année-là : Hantaï et Pauwels.

Enfin, le leit-motiv de la prose de Bédouin c’est, presque à chaque page, la « jeunesse » convaincue, des « jeunes gens » qui adhèrent en masse, des générations surréalistes qui se renouvellent sans un instant de ré pit. Bon. Des jeunes gens nouveaux, chaque année, se sont dressés en faveur du projet surréaliste, ce qui est sûrement un bon signe. Et qu’ontils fait ? Le récit de Bédouin reste obscur sur ce point capital.

Une note éditoriale du n° 3 de cette revue Le sens du dépérissement de l’art, en décembre 1959, signalait que si Lucien Goldmann avait bien voulu admettre, dans Recherches dialectiques, que « l’art en tant que phénomène autonome séparé des autres domaines de la vie sociale » pourrait être amené à disparaître dans un futur où il faudrait concevoir un art qui ne serait plus « séparé de la vie », il annonçait cela du point de vue de Sirius, sans en reconnaître la vérification dans l’expression de son temps. Il jugeait encore en fonction de l’opposition classique-romantique, déjà si malheureuse chez Marx. Ses progrès récents ne sont pas négligeables. Dans le n° 2 de Médiations (deuxième trimestre 1961) voici qu’il conçoit « très sérieusement seulement comme hypothèse » (c’est lui qui souligne) cette idée que « dans le monde où l’inauthenticité des objets et des personnages est, à des degrés différents, universelle, mais où l’inauthenticité radicale ne saurait exister », il faut s’attendre à découvrir « au moins deux paliers structurels de création culturelle, à savoir : l’expression thématique de l’absence et, à un degré plus avancé, le propos de destruction radicale de l’objet ». Il ajoute, encore bien timidement : « Inutile de dire que la première caractérise toute une partie de la littérature moderne, depuis Kafka jusqu’à Robbe-Grillet, et qu’elle a peut-être déjà une part importante dans des œuvres comme celles de Mallarmé ou Valéry, alors que la deuxième est à l’origine et à la base de la peinture non-figurative et de plusieurs courants importants de la poésie moderne ».

Il découvre aussi cette merveille que les gens résistent à la réification ! Page 153 : « L’hypothèse que nous formulons aujourd’hui à titre provisoire, est que la réification, tout en tendant à dissoudre et à intégrer à la société globale les différents groupes ... etc. — a un caractère tellement contraire à la réalité aussi bien biologique que ... etc. — qu’elle engendre chez tous les individus, à un degré plus ou moins fort, des réactions d’opposition ... etc. — résistance qui peut être plus ou moins générale, plus ou moins collective et qui constitue l’arrière-plan de la création ».

Ainsi donc, arrivés en 1961, nous voyons soudainement que le monde, étant ce qu’il est, « engendre la littérature de l’absence et l’art de la destruction de l’objet ». Goldmann l’ignorait, c’est bien vrai. Car il est si stupéfait de sa découverte, qu’il n’a pas encore songé que l’île déserte sur laquelle une tempête spirituelle inattendue l’a jeté pourrait bien être aussi peuplée que les camps de concentration en France. La trace du Vendredi qui l’y attend est celle de toute la révolution culturelle, depuis cent ans.

Aussi, nous trouvons particulièrement piquant de citer encore, dans la revue de l’I.S., le paragraphe par lequel Goldmann conclut prudemment : « Ces remarques ne sont que des hypothèses, elles ont naturellement besoin d’être précisées et vérifiées par un long travail de recher ches collectives qui prendra plusieurs années. Telles quelles, elles nous paraissent néanmoins assez suggestives pour que dans l’intérêt même de ce travail, il ait été utile de les formuler et de les proposer à la discussion. » On conviendra avec nous que c’est là une modestie de bon aloi, et qui révèle le chercheur.

Le marchand d’art Otto Van de Loo, mis en cause dans notre précédent numéro (p. 41) a publié, le 30 août 1961, une longue déclaration Offene Erklärung zu einem Artikel der “Internationale Situationniste”, dans laquelle il finit par confirmer en détails, mais dans une forme contournée et embarrassée, toute notre version de l’affaire, à ce détail près qu’il affirme que personne ne peut douter de la plaisanterie que constituait son offre télégraphique d’un contrat de 1.000 Deutsche Mark mensuels pour renouer avec quelques artistes sur lesquels il avait d’abord fait pression en termes plus nobles et sentimentaux. On laisse juger à tous ceux qui connaissent l’économie artistique s’il est extravagant de s’assurer la production d’un artiste pour 1.200 « nouveaux francs » par mois (surtout dans tel cas où cette somme, « impensable » en août 1961 parce que trop considérable, est devenue impensable huit mois après parce que nettement trop basse). Il ajoute, pour appuyer sa dénégation, que la production de ces gens ne valait rien et n’intéressait per sonne. Bien qu’ici, à en juger d’après ses propres critères, il se trompe ou mente, cette affirmation est un aveu du fait qu’il s’intéressait à eux en tant que membres de l’I.S., et pour exercer par leur entremise une cer taine influence sur les décisions situationnistes. Il se vante d’avoir réussi partiellement, et même de pouvoir continuer, puisqu’il fait grandement état, dans la même déclaration, de relations personnelles cordiales qu’il aurait gardé avec quelques situationnistes à ce moment. Il en tire même argument pour mettre en doute le sérieux de l’information de la revue de l’I.S. Nous maintenons donc toute nos remarques du n° 6, en soulignant que nous n’avons pas à nous déclarer contre un marchand d’art précis — ce qui supposerait que nous pouvons rechercher des alliances avec d’autres — mais que nous garderons l’I.S. à l’abri des pressions ex térieures, par les moyens les plus fermes. Et comme preuve, pour mettre le point final à cet incident, signalons que toutes les personnes qui pouvaient constituer ce parti des collectionneurs dont Van de Loo pesait la cordialité et les cartes postales le 30 août dernier, se sont trouvées depuis obligées de quitter l’I.S.

Le 15 mars, en Suède, Jørgen Nash et Ansgar-Elde se sont prononcés soudainement contre l’Internationale situationniste, et ont entrepris de transformer la section scandinave en un « Bauhaus » — encore un — susceptible de répandre vite quelques marchandises artistiques rentables, estampillées si possible de situationnisme. Le déroulement de cette conspiration a été sans doute précipité par l’élimination récente de l’aile droite de l’I.S., sur laquelle les nashistes comptaient s’appuyer. (Autour de Spur, le projet avait été découvert d’une sorte de nationalsituationnisme, qui s’organisait comme force autonome, cherchait à s’étendre à la Suisse et à l’Autriche, qui trouvait des appuis dans l’Europe du Nord.) Les nashistes, dans leur proclamation, n’ont pas craint de recourir aux plus effarants mensonges, laissant même entendre que le 10 février, au dernier Conseil Central de l’I.S. — siégeant en quelque sorte sous la pression de la rue ! — on se serait servi, pour intimider la minorité, de l’atmosphère de guerre civile qui régnait à Paris depuis deux jours (hélas !). Ils ont même pensé qu’il fallait grossir cette misérable minorité en adjoignant à leur entreprise une autre personne, dont ils affirment rétrospectivement qu’elle était membre du C.C., alors que toute l’I.S. sait évidemment que c’est faux. Les gangsters nashistes ne peuvent attendre de nous aucune conciliation.

Le 23 mars, le Conseil Central de l’I.S. a délégué au situationniste danois J.V. Martin tous pouvoirs pour représenter l’Internationale situationniste dans la zone que couvrait la section Scandinave (Danemark, Finlande, Norvège et Suède) jusqu’à la réunion de la Conférence d’Anvers ; pour y regrouper tout de suite les situationnistes authentiques et pour ordonner toutes les mesures que nécessitera la lutte anti-Nash.

J.V. Martin, après le putsch de Nash, organise la résistance des éléments fidèles.
Traduction : « Sabotage ! Prenez contact avec le quartier général par radio spatiale. »

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Erstveröffentlichung im FORVM:
avril
1962
Numéro 7, Seite 49
Autor/inn/en:

Situationistische Internationale: Situationistisch / Situationist : All das, was sich auf die Theorie oder auf die praktische Tätigkeit von Situationen bezieht. Derjenige, der sich damit beschäftigt, Situationen zu konstruieren. Mitglied der situationistischen Internationale.
Situationismus : Sinnloses Wort, missbräuchlich durch Ableitung des vorigen gebildet. Einen Situationismus gibt es nicht — was eine Doktrin zur Interpretation der vorhandenen Tatsachen bedeuten würde. Selbstverständlich haben sich die Anti-Situationisten den Begriff „Situationismus“ ausgedacht.

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