Zeitschriften » Internationale Situationniste » Numéro 7
Situationistische Internationale

Les mauvais jours finiront

En même temps que le monde du spectacle étend son règne, il s’ap proche du point culminant de son offensive, en soulevant partout de nouvelles résistances. Celles-ci sont infiniment moins connues, puisque précisément le but du spectacle régnant est le reflet universel et hypno tique de la soumission. Mais elles existent et grandissent.

Tout le monde parle, sans y comprendre grand’chose, de la jeunesse rebelle des pays industriels avancés (voir, dans le numéro 6 de ce bulletin, « Défense inconditionnelle »). Des publications militantes comme Socialisme on Barbarie à Paris, ou Correspondence à Detroit, ont fait paraître des travaux très documentés sur la résistance permanente des ouvriers dans le travail (contre toute l’organisation de ce travail), sur la dépolitisation, et la désaffection à l’égard du syndicalisme, devenu un mécanisme d’intégration des travailleurs à la société et un instrument supplémentaire dans l’arsenal économique du capitalisme bureaucratisé. À mesure que les vieilles formules d’opposition révèlent leur inefficacité ou, plus souvent, leur retournement complet dans une par ticipation à l’ordre existant, l’insatisfaction irréductible se propage souterrainement, minant l’édifice de la société de l’abondance. « La vieille taupe » dont parlait Marx, dans un Toast aux prolétaires d’Europe va toujours, le fantôme ressurgit dans tous les coins de notre château d’Elseneur télévisé, dont les brumes politiques sont déchirées à l’instant, aussi longtemps que les Conseils Ouvriers existent et commandent.

De même que la première organisation du prolétariat classique a été précédée, à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, d’une époque de gestes isolés, « criminels », visant à la destruction des machines de la production, qui éliminait les gens de leur travail, on assiste en ce moment à la première apparition d’une vague de vandalisme contre les machines de la consommation, qui nous éliminent tout aussi sûrement de la vie. Il est bien entendu qu’en ce moment comme alors la valeur n’est pas dans la destruction elle-même, mais dans l’insoumission qui sera ultérieurement capable de se transformer en projet positif, jusqu’à reconvertir les machines dans le sens d’un accroissement du pouvoir réel des hommes. Pour laisser de côté les ravages des rassemblements d’adolescents, on peut citer quelques actions des ouvriers, qui sont en grande partie incompréhensibles du point de vue revendicatif classique.

Le 9 février 1961 à Naples, des ouvriers sortant le soir des usines ne trouvent pas les tramways qui les transportent habituellement, dont les conducteurs ont déclenché une grève-surprise parce que plusieurs d’entre eux viennent d’être licenciés. Les ouvriers manifestent leur so lidarité aux grévistes en lançant contre les bureaux de la compagnie divers projectiles, puis des bouteilles d’essence qui mettent le feu à une partie de la gare des tramways. Puis ils incendient des autobus, affrontent victorieusement la police et les pompiers. Au nombre de plusieurs milliers, ils se répandent dans la ville, brisant les vitrines et les enseignes lumineuses. Dans la nuit, on doit faire appel à la troupe pour ramener l’ordre, et des blindés font mouvement sur Naples. Cette manifestation, totalement improvisée et dénuée de but, est évidemment une révolte directe contre le temps marginal des transports, qui augmente si lour dement le temps de l’esclavage salarié dans les villes modernes. Cette révolte, éclatant à propos d’un incident fortuit supplémentaire, commence ensuite à s’étendre à tout le décor (nouvellement plaqué sur le paupérisme traditionnel de l’Italie du Sud) de la société de consommation : la vitrine et le néon en étant à la fois les lieux les plus symboliques et les plus fragiles, comme lors des manifestations de la jeunesse sauvage.

Le 4 août en France, les mineurs en grève de Merlebach s’attaquent à vingt-et-une voitures stationnant devant les locaux de la direction. Tout le monde a souligné, avec stupeur, que ces automobiles étaient presque toutes celles d’employés de la mine, donc de travailleurs très proches d’eux. Comment ne pas y voir, en plus de tant de raisons qui justifient en permanence l’agressivité des exploités, un geste de défense contre l’objet central de l’aliénation consommatrice ?

Les grévistes de Liège, le 6 janvier 1961, quand ils ont entrepris de dé truire les machines du journal La Meuse, ont atteint un des sommets de la conscience de leur mouvement en attaquant l’appareillage de l’information tenu par leurs ennemis (le monopole absolu de tous les moyens de transmission, au sens le plus général, s’étant trouvé partagé entre les gouvernementaux et les dirigeants de la bureaucratie syndicale et socialiste, c’était exactement le point crucial du conflit, le verrou qui n’a jamais sauté, interdisant l’accès de la lutte ouvrière « sauvage » à la perspective du pouvoir, donc la condamnant à disparaître). Un symptôme, moins intéressant parce que plus dépendant d’une exagération maladroite du gaullisme dans sa propagande, est quand même à relever dans ce communiqué des syndicats de journalistes et de techniciens de la radio-télévision française, le 9 février dernier : « Nos camarades techniciens et reporters, qui se trouvaient jeudi soir sur les lieux de la manifestation pour en assurer le reportage, ont été pris à partie par la foule sur le simple vu du sigle R.T.F. Le fait est significatif. C’est pourquoi le S.J.R.T. et le S.U.T. se jugent fondés à affirmer une fois de plus solennellement que la vie de nos camarades reporters et techniciens dépend du respect de leurs comptes rendus ... ». Bien sûr, à côté des réactions d’avant-garde qui commencent à s’opposer concrètement aux forces du conditionnement, il faut tenir compte des réussites de ce conditionnement, jusqu’à l’intérieur d’actions ouvrières très combatives. Ainsi au début de cette année les mineurs de Decazeville déléguant vingt d’entre eux pour faire la grève de la faim, s’en remettaient à vingt vedettes pour apitoyer, en jouant sur le terrain spectaculaire de l’ennemi. Ils ont donc forcément perdu, puisque la seule chance était d’étendre à tout prix leur intervention collective, hors d’un secteur où ils ne bloquaient qu’une production déficitaire. L’organisation sociale capitaliste, comme ses sous-produits oppositionnels, a tant répandu les idées parlementaires et spectaculaires que des ouvriers révolutionnaires ont pu oublier souvent que la représentation doit toujours être réduite à l’indispensable : pour peu de choses et en peu d’occasions. Mais aussi bien la résistance à l’abrutissement n’est pas le fait des seuls ouvriers. L’acteur Wolfgang Neuss à Berlin, révélant en janvier dernier par une petite annonce de Der Abend, qui était le coupable dans un suspense policier télévisé qui passionnait les foules depuis plusieurs semaines, a commis un acte de sabotage plein de sens.

La publicité et l’inconscience.
Dans cette réclame mystérieuse pour une machine à laver, on ne semble même plus craindre de faire figurer un ouvrier dans la galerie des gens qui posent une question, effectivement vitale dans ce cas : qui fabrique tout cela ?

L’assaut du premier mouvement ouvrier contre l’ensemble de l’organisation du vieux monde est fini depuis longtemps, et rien ne pourra le ranimer. Il a échoué, non sans obtenir d’immenses résultats, mais qui n’étaient pas le résultat visé. Sans doute cette déviation vers des résultats partiellement inattendus est la règle générale des actions humaines, mais on doit en excepter précisément le moment de l’action révo lutionnaire, du saut qualitatif, du tout ou rien. Il faut reprendre l’étude du mouvement ouvrier classique d’une manière désabusée, et d’abord désabusée quant à ses diverses sortes d’héritiers politiques ou pseudothéoriques, car ils ne possèdent que l’héritage de son échec. Les succès apparents de ce mouvement sont ses échecs fondamentaux (le réfor misme ou l’installation au pouvoir d’une bureaucratie étatique) et ses échecs (la Commune ou la révolte des Asturies) sont jusqu’ici ses succès ouverts, pour nous et pour l’avenir. Il faudra délimiter précisément ce sujet dans le temps. On peut admettre que le mouvement ouvrier classique commence, une vingtaine d’années avant la constitution officielle de l’Internationale, avec cette première liaison des groupes communistes de plusieurs pays que Marx et ses amis organisaient depuis Bruxelles, en 1845. Et qu’il est complètement fini après l’échec de la révolution espagnole, c’est-à-dire précisément au lendemain des journées de mai 1937 à Barcelone.

Dans ces limites temporelles, il faut retrouver toute la vérité, et réexaminer toutes les oppositions entre les révolutionnaires, les possibilités négligées, sans plus être impressionnés par le fait que certains ont eu raison contre d’autres, ont dominé le mouvement, puisque nous savons qu’ils n’ont gagné qu’à l’intérieur d’un échec global. La première pensée à redécouvrir est évidemment celle de Marx, ce qui est encore facile vu la documentation existante et l’énormité des mensonges à son propos. Mais il faut reconsidérer aussi bien les positions anarchistes dans la Première Internationale, le blanquisme, le luxembourgisme, le mouvement des Conseils en Allemagne et en Espagne, Cronstadt ou les makhnovistes, etc. Sans négliger l’influence pratique des socialistes utopiques. Tout ceci, bien entendu, n’a pas à être fait dans un but d’éclectisme universitaire, ou d’érudition ; mais uniquement dans le but de servir à la formation d’un nouveau mouvement révolutionnaire, dont nous voyons dans ces dernières années tant de signes avant-coureurs, dont nous sommes nous-mêmes un signe avant-coureur. Il sera profondément différent. Nous devons comprendre ces signes par l’étude du projet révolutionnaire classique, et réciproquement. Il faut redécouvrir l’histoire du mouvement même de l’histoire, qui a été si bien cachée et détournée. C’est d’ailleurs seulement dans cette entreprise — et dans quelques groupes de recherche artistique généralement liés à elle que sont apparues des conduites séduisantes ; quelque chose qui per met de s’intéresser objectivement à la société moderne et au possible qu’elle renferme.

Il n’y a pas d’autre fidélité, il n’y a pas d’autre compréhension pour l’ac tion de nos camarades du passé, qu’une réinvention, au niveau le plus élevé, du problème de la révolution, qui a été d’autant plus arraché de la sphère des idées qu’il se pose plus lourdement dans les faits. Mais pourquoi cette réinvention paraît-elle si difficile ? Elle n’est pas difficile à partir d’une expérience de vie quotidienne libre (c’est-à-dire d’une recherche de la liberté dans la vie quotidienne). Cette question nous paraît assez concrètement ressentie aujourd’hui dans la jeunesse. Et la ressentir avec une exigence suffisante permet aussi de juger en appel, de sauver, de retrouver l’histoire perdue. Elle n’est pas difficile pour la pensée dont le rôle est de mettre en cause tout l’existant. Il suffit de n’avoir pas abandonné la philosophie — comme la quasi-totalité des philosophes —, ou de n’avoir pas abandonné l’art — comme la quasitotalité des artistes —, ou de n’avoir pas abandonné la contestation de la réalité présente — comme la quasi-totalité des militants. Alors, ces questions s’enchaînent jusqu’au même dépassement. Ce sont seule ment les spécialistes, dont le pouvoir tient avec celui d’une société de la spécialisation, qui ont abandonné la vérité critique de leurs disciplines pour garder l’usufruit positif de leur fonction. Mais toutes les recher ches réelles confluent vers une totalité, comme les gens réels vont se rassembler pour tenter encore une fois de sortir de leur préhistoire.

Certains doutent d’un nouveau départ de la révolution, répétant que le prolétariat se résorbe ou que les travailleurs sont à présent satisfaits, etc. Ceci veut dire une de ces deux choses : ou bien ils se déclarent eux-mêmes satisfaits ; et alors nous les combattrons sans faire de nuances. Ou bien ils se rangent dans une catégorie séparée des travailleurs (par exemple, les artistes) ; et nous combattrons cette illusion en leur montrant que le nouveau prolétariat tend à englober à peu près tout le monde.

De la même façon, les craintes ou les espérances apocalyptiques à pro pos du mouvement de révolte des pays colonisés ou semi-colonisés né gligent ce fait central : le projet révolutionnaire doit être réalisé dans les pays industriellement avancés. Aussi longtemps qu’il ne le sera pas, tous les mouvements dans la zone sous-développée paraissent condamnés à suivre le modèle de la révolution chinoise, dont la naissance a accompagné la liquidation du mouvement ouvrier classique. Toute sa survie ultérieure a été dominée par la mutation qu’elle en a subi. Il reste que l’existence du mouvement des colonisés, même polarisé sur la Chine bureaucratique, crée un déséquilibre dans l’affrontement extérieur des deux blocs équilibrés, rend instable tout partage du monde entre leurs dirigeants et possesseurs. Mais le déséquilibre interne qui réside encore dans les usines de Manchester et de Berlin-Est exclut aussi bien toute garantie des enjeux du poker planétaire.

« Dans une situation où le législateur, littéralement à propos de toutes les questions théoriques ou idéologiques, était un seul homme, un homme dont le jugement juste ou erroné avait force de sentence définitive, dans une telle situation, évidemment de grandes difficultés entravaient la pensée créatrice. »
Ilytchev. Kommunist, janvier 1962.

Les minorités rebelles qui ont survécu, obscurément, à l’écrasement du mouvement ouvrier classique (à la ruse de l’histoire qui a renversé sa force en police d’État) ont sauvé la vérité de ce mouvement, mais comme vérité abstraite du passé. Une résistance honorable à la force a su jusqu’ici garder une tradition calomniée, non se réinvestir en force nouvelle. La formation de nouvelles organisations dépend d’une critique plus profonde, traduite en actes. Il s’agit de rompre complètement avec l’idéologie, dans laquelle les groupes révolutionnaires croient posséder des titres positifs garantissant leur fonction (c’est-à-dire qu’il faut reprendre la critique marxienne du rôle des idéologies). Il faut donc quitter le terrain de l’activité révolutionnaire spécialisée — de l’automystification du sérieux politique — parce qu’il est démontré que la possession de cette spécialisation encourage les meilleurs à se montrer stupides sur toutes les autres questions ; de sorte qu’ils perdent toute chance de réussir dans la lutte politique elle-même, inséparable du reste du problème global de notre société. La spécialisation et le pseudosérieux justement se trouvent être parmi les premières défenses que l’organisation du vieux monde occupe dans l’esprit de chacun. Une association révolutionnaire d’un type nouveau rompra aussi avec le vieux monde en ceci qu’elle permettra et demandera à ses membres une participation authentique et créative, au lieu d’attendre des militants une participation mesurable en temps de présence, ce qui équivaut à reprendre le seul contrôle possible dans la société dominante : le critère quantitatif des heures de travail. La nécessité de cette participation passionnée de tous est posée par le fait que le militant de la politique classique, le responsable qui « se dévoue », disparaît partout avec la politique classique elle-même ; et plus encore par le fait que dévouement et sacrifice se font payer toujours en autorité (serait-elle purement mo rale). L’ennui est contre-révolutionnaire. De toutes les façons.

Vive la grève sauvage !
« L’organisation horizontale des syndicats est une source de faiblesse non seulement pour l’industrie mais pour le mouvement syndical lui-même. Dans une usine d’automobiles, par exemple, où quarante syndicats sont représentés, le pouvoir est exercé non pas par les délégués des syndicats mais par le shop steward, le délégué d’atelier élu par ses camarades ... Leur force vient aussi de la complicité et d’une certaine lâcheté de la part des employeurs, dont certains, après avoir refusé les demandes des unions, cèdent ultérieurement, sous la menace de grève, aux shop stewards, accroissant ainsi le prestige de ces derniers et minant l’autorité des syndicats. C’est donc bien plutôt la faiblesse du mouvement syndical et non sa force, comme le disent généralement les conservateurs, qui est contraire à l’intérêt du pays. »
Henri Pierre. Le Monde, 9-2-62

Les groupes qui admettent l’échec, non circonstanciel mais fondamental, de l’ancienne politique, devront admettre qu’ils n’ont droit à l’existence comme avant-garde permanente que s’ils donnent eux-mêmes l’exemple d’un nouveau style de vie — d’une nouvelle passion. On sait que ce critère du style de vie n’a rien d’utopique : il est observable partout dans les moments d’apparition et de montée du mouvement ouvrier classique. Nous pensons que dans la période qui vient, ceci ira non seulement aussi loin qu’au XIXe siècle, mais beaucoup plus loin. À défaut, les militants de ces groupes ne constitueraient que de ternes sociétés de propagande d’une idée très juste et très centrale — mais presque sans audience. Que ce soit dans la vie interne d’une organisation ou bien dans son action vers l’extérieur, la transmission unilatérale spectaculaire d’un enseignement révolutionnaire a perdu toutes ses chances dans la société du spectacle qui, à la fois, organise massive ment le spectacle de toute autre chose et affecte tout spectacle d’un facteur d’écœurement. Par conséquent, cette propagande spécialisée aurait peu de chances de déboucher sur une action au moment opportun, pour aider les luttes réelles quand les masses y seront contraintes.

Il faut se souvenir, pour la ranimer, de ce qui a été, au XIXe siècle, la guerre sociale des pauvres. Le mot est partout, dans les chansons et dans toutes les déclarations des gens qui ont agi pour les objectifs du mouvement ouvrier classique. Un des plus urgents travaux de l’I.S., et des camarades qui marchent maintenant dans des chemins convergents, est de définir la nouvelle pauvreté. Il est sûr que certains sociologues américains des toutes dernières années sont, à l’exposé de ce nouveau paupérisme, ce qu’étaient à l’action ouvrière de l’autre siècle les premiers philantropes utopistes. Le mal est montré, mais d’une manière idéaliste et factice, parce que, la seule compréhension résidant dans la praxis, on ne comprend vraiment la nature de l’ennemi qu’en le combattant (c’est sur ce terrain que se placent, par exemple, les projets de G. Keller et R. Vaneigem pour faire passer l’agressivité des blousons noirs sur le plan des idées).

La définition de la nouvelle pauvreté ne va pas sans celle de la nouvelle richesse. Il faut opposer à l’image diffusée par la société dominante — selon laquelle elle aurait évolué (d’elle-même et sous les pressions admissibles du réformisme) d’une économie de profit à une économie des besoins — une économie du désir, qui se traduirait ainsi : la société technicienne avec l’imagination de ce qu’on peut en faire. L’économie des besoins est falsifiée en termes d’habitude. L’habitude est le processus naturel par lequel le désir (accompli, réalisé) se dégrade en besoin — ce qui veut dire aussi : se confirme, s’objective et se fait reconnaître universellement en tant que besoin. Mais l’économie actuelle est en prise directe sur la fabrication des habitudes, et manipule des gens sans désirs, en les expulsant de leur désir.

La complicité avec la fausse contestation du monde ne se sépare pas d’une complicité avec sa fausse richesse (donc d’une fuite devant la définition de la nouvelle pauvreté). C’est très frappant chez le sartrien Gorz, dans le numéro 188 des Temps Modernes : il confesse qu’il est gêné d’en être arrivé (par un travail journalistique effectivement peu reluisant) à se payer les biens de cette société : les taxis et les voyages, dit-il avec respect, dans un temps où les taxis roulent au pas derrière les masses de voitures devenant obligatoires pour tous ; et où les voyages nous mènent sur toute la Terre au même spectacle ennuyeux de l’éternelle aliénation polycopiée. En même temps, il s’excite sur « la jeunesse » — comme Sartre un jour sur la « liberté de critique totale en U.R.S.S. » — des seules « générations révolutionnaires » de Yougoslavie, Algérie, Cuba, Chine et Israël. Les autres pays sont vieux, dit Gorz pour excuser sa propre débilité. Gorz se décharge ainsi de faire les choix ré volutionnaires qui s’imposent à l’intérieur des « jeunesses » de tels pays, aussi bien que dans nos pays où tout le monde n’est pas si vieux, ni si visible, où toute révolte n’est pas si Gorz.

En ce moment, le fougeyrollassisme qui est, comme on sait, la dernière doctrine qui a supplanté le marxisme en l’englobant, s’inquiète de ce que les grandes étapes du développement historique avaient été mar quées par un changement du mode de production, alors que la société communiste annoncée par Marx semblerait bien ne devoir être, si elle existait, qu’une suite de la société de la production industrielle. Fougey rollas doit retourner à l’école. La prochaine forme de société ne sera pas fondée sur la production industrielle. Elle sera une société de l’art réalisé. Ce « type de production absolument nouveau qui serait en gestation dans notre société » (Marxisme en question, p. 84), c’est la construction des situations, la construction libre des événements de la vie.

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Erstveröffentlichung im FORVM:
avril
1962
Numéro 7, Seite 10
Autor/inn/en:

Situationistische Internationale: Situationistisch / Situationist : All das, was sich auf die Theorie oder auf die praktische Tätigkeit von Situationen bezieht. Derjenige, der sich damit beschäftigt, Situationen zu konstruieren. Mitglied der situationistischen Internationale.
Situationismus : Sinnloses Wort, missbräuchlich durch Ableitung des vorigen gebildet. Einen Situationismus gibt es nicht — was eine Doktrin zur Interpretation der vorhandenen Tatsachen bedeuten würde. Selbstverständlich haben sich die Anti-Situationisten den Begriff „Situationismus“ ausgedacht.

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